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SNAPSY

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mardi 4 juin 2013

Les grévistes résistent aux pressions


Mardi 4 juin 2013

Pas de démobilisation au sein de l’Intersyndicale des professionnels de la santé. Hier, praticiens de la santé publique et psychologues étaient sur le terrain de la contestation en dépit de mesures répressives inédites, à l’image du gel des salaires de certains grévistes. Forts d’une adhésion sans faille au mouvement, SNPSP, SNPSSP et Snapsy maintiennent le cap.
Nawal Imès - Alger (Le Soir) - Encore un début de semaine sous le signe du débrayage dans le secteur de la santé. L’Intersyndicale de la santé avait appelé à reconduire la grève de trois jours à compter d’hier. Un appel auquel ont massivement répondu psychologues et praticiens. Le taux de suivi s’établissait hier aux alentours de 71% en dépit des fortes pressions qui pèsent sur les grévistes. Les sanctions n’ont pas tardé à pleuvoir. Au niveau du CHU de Blida, le directeur n’a pas hésité à signifier à huit psychologues exerçant au sein de ladite structure que leurs salaires étaient gelés suite à leur participation à la grève. Une décision dénoncée par Khaled Keddad, président du Snapsy, et porte-parole de l’Intersyndicale des professionnels de la santé. Joint hier par téléphone, il a qualifié la décision prise par le premier responsable du CHU de Blida d’unique dans les annales du monde du travail. «Comment peut-on considérer la grève comme une faute disciplinaire nécessitant une sanction ? Même lorsqu’un travailleur est pris en faute grave, c’est le conseil disciplinaire qui statue» s’est-il indigné. Le Snapsy a d’ailleurs saisi l’Inspection du travail, l’Inspection de la Fonction publique et le directeur de la santé publique au sujet de cette grave atteinte au droit à la grève reconnu par la Constitution. Des atteintes qui n’ont pas diminué de la volonté des praticiens et des psychologues. Les pressions sont pourtant très grandes, comme l’indiquait hier le Dr Merabet, président du SNPSP. Il expliquait hier que le recours à la grève était dicté par l’attitude de la tutelle qui a imposé le statu quo et tenait à rappeler qu’il s’agissait d’un «conflit de travail qui ne peut se négocier en dehors d’une table de négociations ». A la veille de la reprise de ce mouvement, le SNPSP avait rappelé à ses adhérents «l’obligation statutaire de participer au mouvement de protestation reconduit». Le SNPSP avait tenu à dénoncer «la répression exercée sur ses adhérents et ses représentants et exige la levée notamment des décisions arbitraires de retenue sur les salaires des praticiens grévistes ainsi que le recours illégal et injustifié aux réquisitions, aux mutations et aux mises en demeure pour entraver l’exercice syndical et le droit de grève» tout en «réitérant l’appel à l’ouverture du dialogue et au respect des engagements pris par le MSPRH dans le cadre de la prise en charge des revendications socioprofessionnelles, en souffrance depuis des années. Le SNPSP dénonce le discours provocateur et manipulateur de la tutelle à l’objectif inavoué de casser la cohésion entre praticiens et d’entretenir le blocage et le pourrissement du conflit». C’est dans ce climat de tension et d’absence d’offre de dialogue que se poursuivra la grève jusqu’à demain. Tout comme les semaines précédentes, praticiens et psychologues se rassembleront devant le ministère de la Santé pour dire leur colère. 

N. I.

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