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jeudi 9 mai 2013

Sit-in de l’intersyndicale de la santé devant la tutelle


Jeudi, 09 Mai 2013
Sit-in de l’intersyndicale de la santé devant la tutelle
Les blouses blanches malmenées
Par : Malika Ben

Les membres de l’Intersyndicale de la santé se réuniront aujourd’hui pour décider de la suite à donner à leur mouvement. L’option de la grève illimitée n’est pas à écarter.

La fièvre est montée d’un cran hier dans le secteur de la santé publique. Les différents mouvements de débrayage lancés par tous les personnels et syndicats du secteur se sont poursuivis, pénalisant davantage les malades. Après avoir chauffé les esprits par son long mutisme, la tutelle a ravivé les tensions par son dernier communiqué qui a provoqué l’ire de tous les professionnels de la santé publique. La sortie du ministère de la Santé était hier encore au centre des discussions, de commentaires et de dénonciations de tous les syndicats. Alors que les paramédicaux, les corps communs et les ouvriers professionnels maintenaient leur protestation au niveau des différents hôpitaux et autres établissements de santé publique, l’Intersyndicale de la santé s’est, comme prévu, “invitée” au département de Ziari pour réclamer un traitement à tous les maux du secteur.
Mais il semblerait que le traitement exigé par les professionnels n’est pas encore disponible et celui prescrit en rechange par les pouvoirs publics n’est pas conforme. Les nombreuses blouses blanches venues des quatre coins du pays ont été malmenées et empêchées par les forces de l’ordre d’accéder au siège de la tutelle. Après un rassemblement de plus d’une heure face au ministère, sous un soleil de plomb, où les cordes vocales ont été mises à rude épreuve, les manifestants, voyant que “l’invitation” des responsables de la tutelle tardait, ont décidé de faire le premier pas. Mal leur en prit ! Les docteurs Yousfi, Merabet et les nombreux manifestants ont beau essayer de forcer le cordon de sécurité en place, mais rien à faire. Ils seront bousculés, malmenés et poussés vers le jardin public par les forces de l’ordre. Même les femmes n’ont pas été épargnées. L’une d’elles a été violentée par un des responsables du dispositif sécuritaire impressionnant. La dame d’un certain âge a été poussée violemment par le policier qui lui demandait de passer de l’autre côté du cordon sécuritaire. Seul la vue de la caméra d’une chaîne TV l’a arrêté.
Les blouses blanches n’ont finalement pas pu défoncer les portes de la tutelle et ont poursuivi leur sit-in dans le jardin. Le dispositif sécuritaire mis en place pour l’accueil et surtout pour faire barrage à toute montée de tension était impressionnant. Et comme plaisantait une consœur, “finalement c’est possible de mettre un policier derrière chaque citoyen ! Là, nous avons deux policiers pour un seul médecin”. Les manifestants étaient pourtant très nombreux. Selon le docteur Yousfi, “beaucoup de professionnels ont été bloqués sur les routes, notamment ceux venus de l’intérieur du pays”. Mais la répression en cette date symbolique du 8 mai n’a pas empêché les blouses blanches de se rassembler pendant plus de deux heures pour réclamer le dialogue, dénoncer les “manœuvres de la tutelle et la décadence du secteur”.

Prenant la parole tour à tour, les responsables syndicaux ont tenu à rappeler au ministre ses premiers engagements au lendemain de son installation. “Je ne vais pas recourir aux mêmes procédés que mon prédécesseur, à savoir répression, ponction et refus de dialoguer.” Selon Khaled Keddad du Snapsy : “Ziari a fait le contraire et plus que son prédécesseur. Si les gouvernements changent et les politiques restent les mêmes, alors nous dirons que les contestataires changent et les luttes restent.” Et la lutte continuera probablement par d’autres formules qui seront décidées à l’issue d’une réunion entre les membres de l’Intersyndicale. L’option de la “grève illimitée” scandée par les manifestants n’est pas à écarter. Et le malade continuera à payer la lourde facture d’une situation que seuls ceux qui n’ont que les établissements de santé publique pour se soigner peuvent ressentir.

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