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SNAPSY

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lundi 13 mai 2013

«Nous ne travaillons pas chez vous, M. Ziari !»


Lundi 13 Mai 2013

Virulents étaient les représentants de l’Intersyndicale des professionnels de la santé publique (ISPS), à l’encontre du ministre de tutelle, l’accusant d’« irresponsable », après sa réaction à la dernière grève de trois jours et qui sera reconduite à partir d’aujourd’hui.
«Nous ne travaillons pas chez vous M. Ziari ! », a répliqué Mohamed Yousfi, lors d’une conférence de presse de l’intersyndicale de la santé, organisée, hier, au siège de l’Unpef. Cette déclaration se veut une réponse aux menaces du ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière Abdelaziz Ziari, qui a donné instruction pour des ponctions sur les salaires des grévistes, invitant à l’occasion, ces derniers « à travailleur ou à déposer leurs démissions ». Pour le docteur Yousfi, président du Syndicat national des praticiens spécialistes de la santé publique (Snpssp), « le secteur de la santé n’est pas une propriété privée du ministre, pour qu’il nous invite à déposer nos démissions». « Nous sommes des Algériens soucieux de l’amélioration de nos conditions socioprofessionnelles et nous n’acceptons pas qu’on porte préjudice à notre crédibilité », dit-il, insistant sur le fait que « c’est la crédibilité du gouvernement, qui est atteinte car, il reçoit les syndicats, promet la révision des statuts et des régimes indemnitaires, puis fait marche arrière ».
L’Intersyndicale de la santé qui a décidé de durcir le ton, entamera à partir d’aujourd’hui une grève de trois jours, paralysant tous les établissements hospitaliers à travers le territoire national. Un débrayage qui sera suivi d’un sit-in des blouses blanches, devant le ministère de tutelle, mercredi prochain à 11 heures. La décision de revenir eut la charge intervient après que Ziari a tourné le dos aux revendications de ses partenaires sociaux, ajoutant de l’huile au feu lorsqu’il a sollicité la justice à statuer sur la grève et à menacer les grévistes de ponctions sur salaires, au lieu de les inviter à se concilier. « Pour un ministre du gouvernement, cela est un comportement irresponsable », dénonce Khaled Keddad du Syndicat national algérien des psychologues (Snapsy). L’actuel coordinateur et porte-parole de l’intersyndicale de la santé se dit « étonné de ce retournement à 180° dans la position du gouvernement ».
Revenant sur la grève des 6, 7 et 8 mai, Keddad fustigera « les manipulations » du ministère de la Santé qui, selon ses dires, « tente de salir l’image des syndicats et faire retourner la population contre eux en déclarant que le service minimum n’a pas été assuré ». Et d’estimer que « le ministre se contredit avec lui-même ». Sinon, « comment se fait-il que le service minimum n’a pas été assuré et le taux de suivi n’a pas dépassé les 25% ?», se demande-t-il. Pour Khaled Keddad, Ziari qui ne s’est pas donné la peine de tenter une médiation ou une conciliation, comme le prévoit la législation portant prévention des conflits, « a brûlé toutes les étapes en saisissant directement la justice ».
Douche écossaise pour Hanoune
En plus de Ziari qui subit la colère des représentants des syndicats, ces derniers ont tenu à répondre à certaine partie qui ont essayé de nuire à leur mouvement de protestation pacifique. « A tata Louisa, nous n’acceptons pas qu’on soit atteints dans notre légitimité, et qu’on marchande sur notre dignité », a asséné Lyes Merabet, président du Syndicat national des praticiens de la santé publique (Snpsp), en réponse à Louisa Hanoune qui a accusé, sur le plateau d’une chaîne satellitaire, les syndicats de « travailler pour un agenda international ». Le même orateur, avec un sens de civisme estime que la première dame du PT « n’a qu’à introduire le dossier en justice, si elle a des preuves pouvant confirmer ses dires ». Sur le même registre, Hachemi Mecheri, du Syndicat national des professeurs de l’enseignement paramédical (SNPEPM), « Louisa Hanoune est mal placée pour porter un jugement sur les médecins ou les syndicats intègres et forts de leur base militante ». « Elle devrait plutôt s’occuper de ses soucis pour les postes de responsabilité que de nous donner des leçons en patriotisme », lui conseille-t-il.
Aïssa Moussi


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