.

.

SNAPSY

.

jeudi 15 novembre 2012

La place de la psychologie


Jeudi 15 novembre 2012
 
CHRONIQUE DE BÉJAÏA
La place de la psychologie

Pendant des siècles, Béjaïa a conservé les auréoles d’une ville de savoir et de connaissance. A une époque de l’histoire, cette ville était la perle de la Méditerranée où se fait la rencontre de grands penseurs et artistes venus du Bassin méditerranéen. 
Mais que reste-t-il de cette gloire d’antan ? Et est-ce que la science et le savoir ont toujours leur place ? Aujourd’hui, tout augure d'un avenir désastreux et aucune partie n’a les moyens de parer à ce cataclysme intellectuel et scientifique. La psychologie qui regroupe des spécialités diverses et qui a un champ d’étude très vaste peut répondre à la question du départ et nous confirmer ce grand désastre. A l’Université de Béjaïa, cette discipline scientifique est rattachée au département des sciences sociales, un département qui s’occupe autant de l’administratif que du pédagogique. Ce département ne propose pour la communauté estudiantine ni formations, ni séminaires de grande envergure qui iraient enrichir le savoir théorique et pratique de nos étudiants et enseignants universitaires. La qualité de l’enseignement est médiocre, les bons enseignants qui peuvent assurer leurs cours et transmettre le savoir aux étudiants sont très rares. Des indolents à la place de ceux qui ont la volonté de travailler et des ignorants à la place des érudits. Le pire, c’est qu’on trouve des enseignants qui ont fait des formations de sociologie et de philosophie en train d’assurer des cours de psychologie clinique. Tout cela, au détriment des enseignants qui ont consacré leur carrière dans l’étude, la recherche et la pratique de la psychologie clinique. Quelle aberration dans un pays en état de métastase sur le plan scientifique et intellectuel ! Une bonne formation universitaire va permettre un bon exercice du métier de psychologue. Mais, malheureusement, on constate le contraire chez nous. Tout ce qu’on a évoqué sur la qualité de l’enseignement universitaire de cette discipline se répercute négativement sur les étudiants et les premières vagues de psychologues cliniciens sortant de l’Université de Bajaïa depuis 2010. Par conséquent, des étudiants de deuxième cycle d’études, ainsi que des nouveaux psychologues sortant de l’Université de Béjaïa qui ne connaissent pas les notions de base de cette discipline. Ce qui est aussi important à signaler, c’est la négligence de la psychologie par la population locale qui trouve plus d’assurance à aller se guérir chez les charlatans que chez les psychologues qui utilisent des méthodes scientifiques. Sur ce point, on peut passer à l’inaperçu, car, la société algérienne en général est prisonnière d’un esprit irrationnel et d'une pensée archaïque. Mais le mal pour la psychologie et ses acteurs est dans nos hôpitaux, où ces derniers sont l’objet de moquerie et de marginalisation de la part du personnel médical. Ils reprochent aux psychologues leur courte formation et leur savoir jugé très limité. Dernièrement, un responsable d'un établissement hospitalier de la wilaya de Béjaïa a ordonné le partage d’un bureau entre une psychologue et un médecin de travail. Ce responsable qui doit revoir le code de déontologie du psychologue dans son chapitre 03, article 15 et qui stipule que «le psychologue dispose sur le lieu de son exercice professionnel d’une installation convenable et des locaux adéquats pour permettre le respect du secret professionnel, et des moyens techniques suffisants en rapport avec la nature des actes professionnels et personnes qui le consultent». Tout ce qu’on a vu renseigne sur le manque d’une réelle volonté de faire valoir la psychologie et la science en général dans cette région et dans le pays en général, car Béjaïa n’est qu’un petit échantillon qu’on a pris, vu son rapport historique à la science, au savoir et au civisme depuis des siècles. Aujourd’hui, de plus en plus de troubles psychologiques et de personnes en détresse sont signalés dans cette région qui a les taux les plus élevés de suicides et une violence en recrudescence d’une année à une autre. Tous ces phénomènes et d’autres, le psychologue et la psychologie peuvent leur apporter des solutions et du soutien pour les individus. 
Amar Benhamouche, master 02 en psychologie clinique, session juin 2012, Université de Béjaïa

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire