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jeudi 15 novembre 2012

PRISE EN CHARGE DE LA SANTÉ MENTALE Vers la création d’une commission nationale de pédopsychiatrie

Jeudi 15 novembre 2012
 
Actualités : PRISE EN CHARGE DE LA SANTÉ MENTALE
Vers la création d’une commission nationale de pédopsychiatrie

Une commission nationale de pédopsychiatrie, qui aura la charge de mener une réflexion qui aboutira à la création d’un diplôme médical supérieur spécialisé en pédopsychiatrie, sera instituée dans les prochains jours par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. 
L’annonce solennelle de la création de cette structure, dont la présidence a été confiée au professeur Ould Taleb M., pédopsychiatre, a été faite par le professeur Boudef, psychiatre et président du Comité national de pédagogie au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, en marge du congrès de psychiatrie organisé par le CHU de Tizi-Ouzou dans le cadre des 18es journées médicochirurgicales de cet établissement hospitalo-universitaire. Dans le microcosme médical spécialisé dans la prise en charge de la santé mentale et, particulièrement, de la pédopsychiatrie, la nouvelle ne manquera pas de faire sensation. Un réel petit scoop pour tous les professionnels chargés du suivi médico-psychiatrique des enfants et des adolescents qui constitue un segment négligé du système médical algérien. L’introduction de l’enseignement de la pédopsychiatrie dans le système de formation des sciences médicales à l’université permettra, à long terme, de combler un déficit de formation dans cette discipline médicale estimé à 400 spécialistes. Dans un document remis à la presse et présenté par le Pr Ziri, directeur général du CHU de Tizi-Ouzou, il est fait état d’énormes insuffisances en moyens matériels, humains et de structures de prise en charge. En plus du manque flagrant de spécialistes en la matière, il n’existe à travers le pays qu’une dizaine de structures sanitaires qui prennent en charge les enfants et les adolescents malades mentaux. Dans beaucoup de pathologies mentales fréquentes chez les enfants et les adolescents, c’est le recours aux méthodes traditionnelles qui prédomine. Les pratiques magico-religieuses et les recommandations des «taleb» sont souvent appliquées pour éliminer, par exemple, les symptômes énurétiques chez l’enfant, déplore le psychiatre. Même si une prise de conscience au niveau des institutions et des politiques commence à émerger se traduisant par une volonté de prise charge des problèmes qui se posent, selon les termes, les chiffres fournis en disent long sur la grande prévalence des pathologies et des maladies liées à la santé mentale des enfants et des adolescents. L’Algérie compte 80 000 autistes âgés de 18 mois à 17 ans. 20 000 enfants souffrent de diverses affections mentales comme le déficit intellectuel, la psychose, les troubles anxieux… des maladies qui nécessitent une prise en charge spécialisée. Le nombre d’adolescents toxicomanes est estimé à 300 000. Leur âge varie entre 9 et 17 ans. A cela s’ajoute le phénomène du suicide chez l’enfant, qui prend de l’ampleur de jour en jour. La question de la maltraitance à l’égard des enfants a été évoquée durant cette rencontre organisée au CHU de Tizi-Ouzou. Des violences qui se manifestent par des formes diverses comme les brutalités physiques ou mentales, négligence ou abandon ou tout autre mauvais traitement et sévices, y compris sexuels. Une enquête initiée en 2001 par le ministère de la Solidarité place la maltraitance physique au sommet des violences à l’égard des enfants. On parle d’un taux de 80,98% (échantillon non donné). Plus de 24% d’enfants ont subi des violences psychologiques, 10,97% ont subi des sévices sexuels, 8,53 ont subi des négligences ou d’autres formes d’exploitation. Dans 76, 82% des cas, les parents apparaissent comme les auteurs des maltraitances. Les enseignants viennent en deuxième position après les parents. Ces chiffres révélés par cette enquête datant de plus d’une dizaine d’années ne rendent pas compte de toute l’étendue et de l’ampleur du problème qui tend à devenir un véritable phénomène de société. 
 
S. Aït Mébarek 

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