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vendredi 8 juin 2012

Pénurie de médicaments : les hospitalo-universitaires saisissent les conseils scientifiques


Taille du texte normaleEl Watan, le 08.06.12

Le Syndicat national des enseignants chercheurs hospitalo-universitaires a tenu, hier, son assemblée générale au CHU Mustapha Pacha à Alger.
Consacrée essentiellement à la problématique de la pénurie des médicaments, la séance a été l’occasion, pour les différents intervenants, de décrire l’ampleur de cette pénurie et ses répercussions sur la prise en charge, en dégradation avancée, des malades. Les hospitalo-universitaires exerçant au niveau des services dédiés à la prise en charge des maladies chroniques, de la chimiothérapie et autres services connaissant une rupture des stocks des médicaments et autres consommables pour la prise en charge des patients, ont tiré la sonnette d’alarme quant à la situation pénalisant, en premier lieu, ces malades.
«Jamais le secteur n’a connu une pénurie aussi grave», ont-ils témoigné. Les constats répercutés par les intervenants ont accablé le directeur de la pharmacie au ministère de la Santé, M. Khaldi, qui a nié l’existence d’une quelconque pénurie et a préféré parler de problèmes de réorganisation du secteur qui auraient engendré des perturbations.
Une position que les hospitalo-universitaires qualifient de «grave». «C’est grave que le département persiste dans son déni de vérité», soutient le professeur Djidjeli, président du Syndicat, qui rappelle que tous les responsables d’établissements de santé détiennent les états de leurs pharmacies confirmant la rupture de stocks de plusieurs médicaments et autres consommables nécessaires à la prise en charge des malades.
A l’issue de l’assemblée générale, le Syndicat a décidé de saisir les conseils médicaux et scientifiques «pour maintenir la pression sur la nécessité de mettre fin à cette situation», explique le docteur Djidjeli. L’AG a recommandé également de déléguer des représentants pour saisir les différents responsables du secteur afin de lever le voile, à tous les niveaux, sur les médicaments manquants, de décortiquer cette crise et de situer les responsabilités.
«Depuis quelques années, la priorité était, pour les ministres qui se sont succédé, de réduire la facture d’importation des médicaments. Si la facture était, en moyenne, de 400 millions de dollars il y a quelques années, elle a déjà atteint 720 millions dollars pour la partie écoulée de 2012 et atteindra facilement les 3 milliards de dollars à la fin de l’année. Mais ce n’est pas en arrêtant les importations ou en bloquant les médicaments que cette facture sera réduite», lâche le même syndicaliste, qui estime que le président de la République est interpellé, en sa qualité de premier responsable du pays, pour mettre fin à cette «mascarade».
 
Fatima Arab


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